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Montéclair nous
donne une idée précise sur la diversité de
l'ornementation et nous révèle l'extrême
richesse de la musique baroque.
"Il
y a Dix huit agréments principaux dans le Chant. Sçavoir,
Le Coulé, Le Port de Voix, La Chûte, l'Accent,
Le Tremblement, Le Pincé, Le Flatté, Le Balancement,
Le Tour-de Gosier, Le Passage, La Diminution, La Coulade,
Le Trait, Le Son filé, Le Son enflé, Le Son
Diminué, Le Son glissé, et le Sanglot".
D.
Qu'EST-CE qu'un agrément en général?
R. Ce n'est souvent que l'addition de quelques petites notes réelles
ou supposées, et qu'on appelle pour celà, notes passagères"
Cette
définition simple de l'Abbé Duval nous
invite à considérer l'ornementation non comme une "masse" obligée
et pesante à ajouter à la ligne musicale, mais
comme quelques grâces, subtilités, douceurs, emportements
et émotions complémentaires suscitées par
la mélodie, l'harmonie et surtout par le texte. L'importance
que les traités accordent aux différents types
d'ornements prouve à quel point le souci de ne pas négliger
un des aspects les plus caractéristiques de l'interprétation
de l'Opéra Baroque était grand à l'époque.
Un des avantages essentiels des œuvres des XVIIème
et XVIIlème siècles résidait dans la liberté du
choix des ornements et la faculté que l'artiste
avait de les adapter à ses propres capacités d'expression.
Une réelle recréation de l'ouvrage devenait alors
possible
Dans "l'Art
ou les Principes philosophiques du chant" de
1756, Jean Blanchet guide l'interprète
sur le choix et la fréquence qu'il convient de donner
aux divers agrémentsau sein d'un Air
"J'exhorte
les gens à talent et les amateurs à se souvenir
que c'est surtout au caractère des passions, à leurs
dégrés et à leurs nuances de décider
le choix et la durée, l'énergie ou la douceur,
la vivacité ou la lenteur des agrémens, et
que par égard pour la variété qui est
l'ame des plaisirs, on doit bien se garder de les répéter
dans les mêmes morceaux de Musique, du moins à une
trop foible distance de l'endroit où on les a exécutés"
Et Boisquet,
par une image délicate, définit ce que l'on appelait à l'époque
baroque "le bon goust" :
"Ayant
chacun une fleur qui peut embellir un sentiment, si l'on
en joint plusieurs ensemble, la cohérence des idées
ne se trouve plus; et quand on emploie l'un pour l'autre,
l'alliance est mauvaise. Un compositeur habile les incorpore
dans sa musique; et le chanteur qui en a conçu les
rapports, peut, avec beaucoup de précautions, en ajouter
pour augmenter l'effet. C'est ce que j'appelle Goût
du chant"
Extrait
de "Traité de Chant et Mise en scène Baroques" - Michel
Verschaeve - Zurfluh 1997
Un
exemple musical :
-
mélodie avec et sans ornements (en alternance) - José Vázquez & Lucia
Krommer violes de gambe (enregistrement en concert - juillet 2007)
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